Qu’est-ce que le canal carpien ?
Le canal carpien est une formation anatomique qui permet le passage du nerf médian dans le poignet, pour se rendre à la main. Ce canal carpien est formé par les os du poignet d’un côté et un puissant ligament de l’autre : le ligament annulaire antérieur du carpe.
Le nerf médian est le nerf qui donne la sensibilité des 3 premiers doigts et d’une partie du 4ème doigt, ainsi que la fonction d’opposition du pouce (muscles de la base du pouce).

Qu’est-ce que le syndrome du canal carpien ?
Le syndrome du canal carpien est l’ensemble des manifestations cliniques dues à la compression du nerf médian, qui est lié soit à une rétraction du ligament antérieur (contenant), soit le plus souvent à une augmentation de volume des tendons fléchisseurs (synovite du contenu).
Le syndrome du canal carpien touche plus souvent les femmes que les hommes. Il s’agit d’une affection courante apparaissant spontanément, ou secondaire à une maladie locale ou générale, ou favorisée par des gestes répétitifs.
Les premiers signes à apparaître sont des fourmillements, respectant le petit doigt, essentiellement nocturnes, réveillant le patient la nuit et l’obligeant à remuer énergiquement la main.
Puis apparaissent des douleurs, plus ou moins permanentes, pouvant remonter vers le coude et l’épaule, une baisse de sensibilité des doigts entraînant une maladresse, un déficit des muscles de l’opposition du pouce donnant une amyotrophie (main de singe). À un stade ultime peuvent apparaître des ulcères au niveau de l’extrémité des doigts.
Comment fait-on le diagnostic ?
Le diagnostic de votre affection est le plus souvent fait par un interrogatoire précis et un examen clinique. Il est habituel de prescrire un ElectroMyoGramme (EMG) qui va mesurer la vitesse de conduction du nerf et poser l’indication d’une intervention.
Quels traitements pouvons-nous vous proposer ?
– traitement médical :
Il est indiqué lorsque la gêne est supportable et intermittente. Une prescription d’anti-inflammatoire peut s’avérer utile, de même qu’une attelle de poignet à porter la nuit. La symptomatologie peut céder spontanément et progressivement au bout de quelques mois…
– infiltrations de corticostéroïdes :
C’est ce qu’on peut proposer si les douleurs sont importantes et que les signes ont débuté depuis moins d’un an. Ces infiltrations sont habituellement faites par les rhumatologues. Les infiltrations entrainant une réduction de l’inflammation des tendons et de leur volume, et soulagent dans 80% des cas les douleurs pendant quelques semaines. La réponse à l’infiltration confirme encore le diagnostic dans certains cas de doute, et permet de prévoir avec une grande probabilité l’efficacité du traitement chirurgical. 3 infiltrations semblent un maximum à ne pas dépasser pour éviter d’atrophier et de fragiliser les tendons autour du nerf.
– Opérer :
L’intervention chirurgicale est indiquée lorsque les signes évoluent depuis plus d’un an, que les signes sensitifs deviennent permanents ou s’aggravent, ou qu’il existe des signes moteurs ou sensitifs objectifs, ou que les signes de compression sont évolués sur l’électromyogramme, ou que les signes sensitifs réapparaissent après une ou deux infiltrations.