Prothèse totale hanche

Sommaire

Prothèse totale hanche

POURQUOI UNE PROTHÈSE ?

La prothèse de hanche a pour but de remplacer votre articulation lorsque celle-ci, par suite d’usure, devient douloureuse, entraînant une limitation de la mobilité (difficulté à se chausser, à mettre ses chaussettes, à s’asseoir sur un siège bas) et souvent une boîterie. Cette usure peut être due à l’âge, favorisée par une anomalie constitutionnelle, secondaire à un traumatisme ou à une maladie inflammatoire. Les traitements médicamenteux ne faisant plus la preuve de leur efficacité, le recours à une intervention devient nécessaire.

QU’EST-CE QU’UNE PROTHÈSE DE HANCHE ?

La prothèse de hanche va remplacer votre articulation. Il s’agit donc d’une articulation artificielle. Les matériaux utilisés doivent être biocompatibles (compatible avec l’organisme du corps humain), et restituer la fonction de votre articulation.
Une prothèse comporte en général 4 parties :

L’articulation va se faire entre la cupule et l’insert : il s’agit là du point faible des prothèses car selon votre activité, la prothèse va encaisser votre poids du corps et réaliser jusqu’à 3 millions de cycles ‘mouvements par an. Ce matériau (ici rose) doit donc être très dur et résistant à l’usure pour garantir la plus grande longévité possible à votre prothèse.

COMMENT SE DEROULE L’INTERVENTION ?

Le séjour à la clinique est environ de 24 à 48 heures. L’intervention est réalisée soit sous anesthésie générale, soit sous rachianesthésie (les 2 membres inférieurs sont endormis et le patient est conscient tout au long de l’opération). La décision du type d’anesthésie appartient à l’anesthésiste.

La durée de l’intervention est d’environ 1 heure selon les cas.

La cicatrice peut se trouver dans la fesse (voie postérieure), sur le côté ou devant la hanche (voies antérieures).

Dans un premier temps, l’articulation de la hanche est ouverte, le col fémoral est sectionné à un niveau déterminé avant l’intervention sur vos radiographies.

La cavité du bassin qui reçoit la tête du fémur (le cotyle) est préparé pour permettre d’introduire la première partie de la prothèse (le cotyle prothétique).

La cavité du cotyle est fraisée pour la débarasser du cartilage restant, et donner à celle-ci une forme parfaitement hémisphérique afin de recevoir la cupule définitive.
Impaction de la cupule définitive

Le deuxième temps de l’intervention consiste à préparer la cavité médullaire du fémur pour introduire la prothèse fémorale, qui s’articulera avec le cotyle.

des râles de tailles croissantes sont introduites dans le fémur jusqu’à la taille adéquate.
La tige définitive peut alors êtres mise en place avec sa tête

En fonction de la qualité osseuse, les pièces peuvent être cimentées (collées) ou impactées en force.
Le lever peut s’effectuer dès le lendemain de l’intervention. Un drain peut être mis en place en cas de saignement ou prise de traitement anticoagulant. Un traitement antibiotique est effectué au moment de l’intervention pour limiter les risques d’infection.
Un traitement anticoagulant est débuté le soir même de l’opération pour diminuer le risque de phlébites (caillot dans une veine du mollet) et d’embolies pulmonaires (caillot qui monte au cœur). La durée de ce traitement est d’environ 1 mois.

La marche est débutée dans le service, par le kinésithérapeute, à l’aide de 2 cannes anglaises dans un premier temps.

Le retour à domicile est possible pour les patients ayant un environnement familial suffisant. Dans le cas contraire, ou lorsqu’une rééducation est indispensable, un séjour dans un centre de convalescence ou rééducation est possible.

Pendant l’intervention :

Malgré toute la méticulosité et la précision du geste chirurgical, il peut se produire au cours de l’opération prévue des incidents. Ils sont en général détectés rapidement et sont aussitôt traités :

  • une blessure des tissus voisins, notamment de vaisseaux sanguins. Il peut s’ensuivre un saignement important rendant une transfusion sanguine nécessaire. Il est extrêmement rare que la transfusion soit la cause de la transmission de maladies virales. Pour limiter ce risque, le sang perdu pendant l’opération est récupéré et vous est réinjecté. En consultation pré-anesthésie, vous pourrez discuter du risque de la transfusion avec l’anesthésiste qui vous expliquera comment l’éviter (injections d’EPO, autotransfusions).
  • Une blessure ou un étirement d’un nerf qui peut entraîner une paralysie partielle du membre inférieur, définitive ou transitoire.
  • Une fracture du fémur ou du cotyle lorsque les éléments prothétiques sont impactés en force (méthode la plus couramment utilisée).
  • Dans de rares cas, il peut exister une compression d’un nerf ou des parties molles liée à la position du patient sur la table.

Après l’intervention :

  • un hématome : c’est une poche de sang constituée, dont la résorption lente peut nécessiter une évacuation chirurgicale.
  • Une infection : se traduisant par l’apparition secondaire d’une rougeur de la cicatrice, d’une douleur avec fièvre et parfois d’un écoulement. Le traitement antibiotique seul ne marche pas. Il faut réintervenir : soit la prothèse peut être laissée en place s’il s’agit d’une infection précoce, soit elle doit être changée en un temps ou en deux temps (prothèse provisoire pour 3 mois), associée à une antibiothérapie longue de plusieurs mois.
  • Une phlébite : il s’agit de la formation d’un caillot dans une veine du mollet. Ce caillot peut se détacher, et migrer au cœur : c’est l’embolie pulmonaire. Ce risque est nettement diminué par la mise en route du traitement anticoagulant.
  • Une différence de longueur des membres inférieurs : cela ne peut pas être évité avec certitude. Une compensation par une talonnette de l’autre côté est alors possible.
  • La luxation de l’articulation : notamment les premiers mois. Les gestes favorisant la luxation doivent être appris avec l’aide du kinésithérapeute pour les éviter. Ils dépendent de la voie d’abord utilisée.
  • Des calcifications dans les muscles peuvent apparaître et diminuer la mobilité de la hanche. (très rare par voie postérieure).
  • Au fil du temps, la prothèse peut s’user, se desceller et devenir douloureuse, voire casser. Un remplacement peut alors être nécessaire.

QUELLES SONT LES CHANCES DE SUCCÈS ?

D’une manière générale, les patients sont très satisfaits des résultats de l’opération. L’intervention permet de supprimer les douleurs et d’obtenir une meilleure mobilité de la hanche. En général, les opérés peuvent reprendre une vie normale, faire des efforts physiques, voire du sport et finissent par oublier leur prothèse de hanche.

QUELLE EST LA DURÉE DE VIE D’UNE PROTHÈSE DE HANCHE ?

Il était courant de dire qu’une prothèse de hanche durait entre 10 et 15 ans. Le problème était en fait lié à l’usure du plastique dans la hanche, qui relarguait des particules dans l’articulation. Ces petites particules microscopiques activaient les globules blancs de l’organisme, entraînaient une inflammation et libéraient des enzymes qui entraînaient un descellement des pièces prothétiques. Pour éviter cela, nous utilisons pour les sujets jeunes et actifs, un couple de frottement dur, type céramique-céramique ou céramique-polyéthylène hautement réticulé qui durera très probablement toute votre vie !

Les autres documents en Chirurgie

Genou

Prothese totale genou

Qu’est-ce qu’une prothèse totale de genou ? C’est une articulation artificielle qui remplace votre genou usé et douloureux. Le but de la prothèse totale de genou (PTG) est de faire un resurfaçage du genou : cela nécessite d’enlever le cartilage et son os sous-jacent et de le remplacer par un matériau biocompatible. Pour qu’une PTG […]

Genou

Probleme rotulien

Les problèmes rotuliens sont dominés par 3 pathologies : Le syndrôme rotulien : C’est l’ensemble des phénomènes douloureux liés à l’articulation de la rotule avec le fémur (articulation fémoro-patellaire). Quels sont les symptômes ? Ils sont très variés. Il peut s’agir : La douleur se situe plutôt devant le genou, au niveau de la rotule […]

Genou

Lésions meniscales

À quoi servent les ménisques ? Les ménisques sont des fibrocartilages en forme de croissants interposés entre les condyles fémoraux et les plateaux tibiaux. Il s’agit de véritables amortisseurs, qui jouent également un rôle dans la stabilité du genou. Ils absorbent les contraintes et les répartissent en améliorant la congruence articulaire. Des études biomécaniques ont […]

Genou

Lésions ligamentaires du genou

Qu’est-ce qu’une entorse du genou ? C’est une distension d’au moins un des ligaments du genou qui peut aller du plus petit étirement du ligament à sa rupture complète. On distingue les entorses bénignes des entorses graves : Rupture complète isolée du ligament latéral interne,Entorse isolée du ligament croisé antérieur (LCA),Entorse isolée du ligament croisé […]

Genou

Osteotomie tibiale de correction

PRINCIPE : L’ostéotomie du tibia consiste à sectionner le tibia à sa partie supérieure afin de pouvoir modifier son axe : le but est de « redresser la jambe ». Elle est réalisée pour compenser des déformations en varus (jambes arquées) ou en valgus (genoux en dedans). Cette déformation, qui n’est pas toujours visible à […]

Hanche

Osteonecrose de la tête fémorale

Qu’est-ce que l’ostéonécrose de la hanche ? Le terme exact est l’ostéonécrose aseptique de la tête fémorale. Il s’agit d’une maladie de la hanche touchant surtout l’adulte jeune vers 40-50 ans. Elle peut être d’apparition spontanée ou compliquer un traumatisme grave de la hanche. La nécrose (mort des cellules) correspond à un défaut de vascularisation […]