Prothese totale genou

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Prothese totale genou

Qu’est-ce qu’une prothèse totale de genou ?

C’est une articulation artificielle qui remplace votre genou usé et douloureux. Le but de la prothèse totale de genou (PTG) est de faire un resurfaçage du genou : cela nécessite d’enlever le cartilage et son os sous-jacent et de le remplacer par un matériau biocompatible. Pour qu’une PTG donne un bon résultat, il faut qu’elle soit bien axée, stable, mobile et bien fixée à l’os.

Quand mettre une prothèse de genou ?

L’indication de la prothèse de genou est une usure complète d’au moins un des 3 compartiments du genou, et quand le traitement médical ne suffit plus à calmer les douleurs.

Quel résultat peut-on en attendre ?

La PTG a moins bonne réputation que la prothèse totale de hanche. Il s’agissait d’une intervention plus douloureuse, nécessitant plus de rééducation pour obtenir un résultat satisfaisant.

De nos jours, la PTG est une chirurgie fiable, facilement reproductible. Les techniques mini-invasives permettent d’obtenir une récupération plus rapide, une flexion à plus de 90° facilement dés le lendemain de l’intervention, des douleurs moins importantes.

Qu’est-ce que la chirurgie mini-invasive ?

Il s’agit d’une évolution technique permettant de mettre une PTG par un abord réduit de 12 cm ou moins, en préservant le muscle quadriceps. On utilise la même PTG que l’on a l’habitude de poser, avec un système ancillaire (matériel utilisé pour la pose) adapté aux petites incisions.

1 : Incision de 12 cm 2 : vue per-opératoire 3 : essai en place

Résultats le lendemain de l’intervention :

1 : Flexion à 90° le lendemain de l’intervention 2 : Récupération active du quadriceps

La chirurgie mini-invasive s’adresse-t-elle à tout le monde ?

Il ne faut pas perdre de vue que votre prothèse sera en place pendant des années et que le résultat dans le temps est fonction de la qualité de la mise en place des implants. À tout moment de l’intervention, la cicatrice peut être agrandie pour donner un meilleur jour en cas de difficultés.

Les contre-indications à la chirurgie mini-invasive du genou sont :

  • L’obésité
  • Les antécédents de chirurgie du genou (ostéotomie, prothèse déjà en place qu’il faut changer)
  • Les rotules basses
  • Déformations importantes
  • Raideur+++
  • Polyarthrite rhumatoïde

Comment va se dérouler l’intervention ?

L’intervention est faite sous anesthésie générale, ou sous rachianesthésie (que les jambes). Elle peut être complétée par l’anesthésie du nerf de la cuisse pour diminuer les douleurs post-opératoires.

La durée de l’intervention est de l’ordre de 1 heure 30 selon les cas. L’incision se fait en général sur le milieu du genou, de l’ordre de 9 à 15 cm, en fonction de la corpulence du patient. Le choix de la taille de la prothèse se fait à partir des données de la radiographie et des constatations opératoires. Des gabarits de coupes permettent d’adapter l’os à la prothèse.

La rotule peut être remplacée ou non selon les cas.

Un ou deux drains sont mis en place, en post-opératoire, pour une durée de 24 heures.

Quelles sont les suites opératoires immédiates ?

Le lever s’effectue le lendemain de l’intervention, la mobilisation du genou s’effectuera sur un appareil permettant des mouvements de flexion lents et progressifs, sous votre contrôle et sous le contrôle du kinésithérapeute.

La marche peut être reprise en général le lendemain de l’intrevention avec l’aide de cannes anglaises.

La durée d’hospitalisation est de l’ordre de 2 à 3 jours.

La douleur est calmée par des médicaments efficaces, dérivés de la morphine, rapidement relayés par des antidouleurs classiques.

Un traitement anticoagulant est systématiquement prescrit dès le soir de l’intervention, sous forme de piqûres quotidiennes pour une durée de 2 semaines minimum. Le port de bandes ou de bas de contention est conseillé pour éviter la stase veineuse et la phlébite.

À la sortie de la clinique, la rééducation doit être poursuivie soit à domicile, soit dans un centre de rééducation. La durée de la rééducation est comprise entre 1 et 3 mois.

Quelles sont les complications d’une prothèse totale de genou ?

Dans de rares cas, il peut survenir une complication, même avec tous le soin que l’on essaie d’apporter à l’opération. Il faut savoir les prévenir, les diagnostiquer lorsqu’elles surviennent et les traiter :

La phlébite : c’est la formation d’un caillot sanguin dans une veine de la jambe. Ce caillot peut migrer vers le cœur et les poumons, réalisant ainsi une embolie pulmonaire, plus ou moins grave selon l’importance du caillot. Son traitement nécessite un traitement anticoagulant d’au moins 3 mois.

L’infection : l’os et le matériel implanté dans le genou se défendent mal contre l’infection. Le souci du chirurgien est donc de la prévenir par une préparation cutanée (douche la veille et le matin de l’intervention avec un savon antiseptique), les mesures d’asepsie prises pendant l’intervention, l’injection pré-opératoire d’antibiotiques, l’élimination de foyers infectieux pré-opératoires (votre chirurgien peut vous demander de consulter votre dentiste ou ORL). L’infection se manifeste soit de façon marquée quelques jours après l’intervention (fièvre, rougeur, écoulement purulent), soit de façon plus insidieuse plusieurs mois après l’intervention. Prise en charge précocement,
l’infection peut être enrayée par un lavage de la prothèse et une antibiothérapie adaptée. À un stade plus tardif, la prothèse doit être changée en un temps ou 2 temps, associée à une antibiothérapie de plusieurs mois donnant plus de 90% de guérison.

Dans les rares cas ou l’infection ne peut être jugulée, un blocage définitif de l’articulation peut être nécessaire.

Complications nerveuses : lors de la correction d’importantes déformations, le nerf commandant les muscles releveurs du pied et la sensibilité du dos du pied peut-être étiré et entraîné sa paralysie temporaire ou définitive. Une baisse de la sensibilité autour de la cicatrice est quasi-constante.

Complications mécaniques :

  • la rotule peut se luxer, nécessitant alors une réintervention.
  • Le descellement : c’est un défaut de fixation de la prothèse sur l’os, à l’origine d’une mobilité douloureuse au niveau de cette interface. Il arrive en général tardivement et est dû à l’usure de la prothèse. Il peut impliquer le changement de cette prothèse descellée.
  • Fractures : autour du genou prothésé, elles peuvent nécessiter une opération pour fixer la fracture ou changer la prothèse.

CONCLUSION :

D’une façon générale et dans la majorité des cas, la prothèse de genousupprime une grande partie des douleurs redonnant au patient une autonomie et une qualité de vie qu’il avait perdues.

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