Qu’est-ce qu’une intervention de stabilisation antérieure de l’épaule type butée ?
Il s’agit d’une intervention chirurgicale qui est réalisée en cas de luxation récidivante antérieure de l’épaule.
Elle consiste à prévenir la luxation récidivante de l’épaule en fermant le passage par un obstacle
antérieur mis en place devant le passage, c’est la butée.
Il existe différents types de butées : la technique de Latarjet et la technique de Trillat utilisent la
coracoïde qui est un petit os de voisinage vissé au bord antérieur de la glène ; la technique de Gosset utilise un fragment de côte placée au bord antérieur de la glène et maintenu par une broche et une vis.
Ces interventions chirurgicales se réalisent par une voie d’abord opératoire située sur la face
antérieure de l’épaule.
Avant la réalisation de l’intervention :
Il vous sera demandé de réaliser une préparation de l’épaule qui sera opérée, avec un produit antiseptique (diminuant le nombre de germes au niveau de la zone opératoire). Il vous sera bien sûr nécessaire au préalable de voir l’anesthésiste avant l’intervention. Il est très important de signaler toute allergie aussi bien générale que cutanée, notamment à l’iode, produit habituellement utilisé lors de la préparation des champs opératoires.
Comment va se dérouler cette intervention ?
Elle se déroulera sous anesthésie générale, car à ce niveau les anesthésies régionales sont de
maniement difficile et présentent des inconvénients non entièrement réglés.
Dès que vous serez anesthésié, vous ne sentirez plus rien et vous serez installé sur une table
opératoire spéciale à épaule. Après réalisation du champ opératoire stérile et mise en place des
champs stériles, l’intervention pourra être réalisée.
Une cicatrice antérieure sera réalisée, la longueur est variable selon la musculature du sujet et en
fonction des difficultés opératoires. Chez les jeunes filles notamment, elle pourra être cachée dans
un pli d’abduction de l’épaule et en partie dans l’aisselle.
Votre chirurgien va ouvrir l’articulation pour atteindre la lésion capsulaire responsable et mettre en
place la butée osseuse au bord antérieur de la glène humérale de manière à empêcher le passage de
la tête humérale.
Cette butée sera maintenue en place à l’aide d’une vis et parfois d’une petite rondelle, ou par agrafe,
ou par broche.
Une fois l’intervention terminée, tous les tissus sectionnés seront recousus et la peau fermée.
Après l’intervention :
Vous serez systématiquement conduit en salle de réveil où vous serez pris en charge et surveillé par
un personnel spécialisé jusqu’à votre réveil complet et jusqu’à ce que l’on se soit bien assuré qu’il n’y a aucun problème vital.
Vous ne pourrez cependant regagner votre chambre que lorsque la douleur postopératoire sera
considérée comme bien contrôlée.
De ce fait, il vous sera administré tout de suite après l’intervention des antalgiques majeurs par voie
veineuses qui entraînent normalement une bonne sédation des douleurs.
Il ne faudra pas hésiter à demander un traitement complémentaire si la douleur n’était pas
suffisamment calmée.
Vous pourrez regagner votre domicile le jour même, le membre supérieur étant maintenu immobilisé dans un appareillage spécialement conçu coude au corps pendant 6 semaines.
Vous continuerez à prendre un traitement antalgique régulier et à refroidir régulièrement votre
épaule à l’aide d’une vessie de glace renouvelée fréquemment, la peau restant protégée par un tissu
mince, du contact direct susceptible de la brûler.
La rééducation débutée au début de la 4ème semaine après l’intervention ou parfois plus tôt,
consistera d’abord en une récupération des différents secteurs de mobilité.
Dans un premier temps, elle consistera en mouvements pendulaires et rééducation en position
couchée en apesanteur. Cette rééducation sera d’abord réalisée sans contraction musculaire puis
progressivement avec contraction musculaire en fonction de l’amélioration des mouvements.
Au début les mouvements à éviter, seront ceux qui mettent le membre supérieur en dehors, ce sont
les mouvements de rotation externe.
Quels sont les résultats à attendre de cette intervention ?
Cette intervention a pour but d’améliorer la fonction de l’épaule en supprimant la possibilité pour la
tête humérale, de sortir à nouveau de son logement en fermant la voie d’accès grâce à la remise en
place d’une butée osseuse, qui sert de verrou pour fermer le passage de la tête humérale lorsqu’elle
veut sortir pendant les mouvements qui portent le bras en haut et en arrière.
En principe il est possible de supprimer totalement l’appareillage 6 semaines après l’intervention, mais pendant les 3 premières semaines il doit être conservé en permanence pour permettre la cicatrisation.
Entre la 3ème et la 6ème semaine il sera retiré pendant les séances de rééducation.
La reprise complète d’une activité de vie quotidienne normale ainsi qu’un travail sédentaire est
possible environ 2 mois après l’intervention, mais les résultats définitifs seront jugés à 6 mois, puis à
un an.
Un contrôle radiographique sera fait pour vérifier que la butée reste bien en place, que l’os fusionne
de façon définitive et que la vis ne s’est pas cassée.
Le sport sera repris à 6 mois, en se guidant sur l’appréhension et en évitant au début les
mouvements dangereux en abduction-rotation externe.
Quelles sont les complications les plus fréquentes et celles qui, même exceptionnelles, sont les
plus graves ?
Comme toute intervention chirurgicale menée sous anesthésie, un accident anesthésique péri-
opératoire bien que peu fréquent est possible. Lors de la consultation pré-anesthésique obligatoire que vous ferez avant votre hospitalisation, ce problème vous sera détaillé si vous le souhaitez.
Sur le plan proprement opératoire, on peut observer dans quelques cas un hématome de la cicatrice
qui est habituellement sans gravité et disparaît en quelques jours.
Il peut se produire dans des blessures de branches nerveuses ou tout à fait exceptionnellement d’une artère ou d’une veine importante du bras.
Du fait de l’utilisation d’une butée et d’une vis, il peut se produire l’issue de la vis dans l’articulation
ou dans une mauvaise direction.
La vis peut se rompre et la buter se détacher. Il sera parfois nécessaire de procéder à une ré-
intervention.
Il peut se produire également très rarement, une infection superficielle ou même parfois de toutes
l’articulation, nécessitant une intervention et un traitement antibiotique au long cours.
Cette complication majeure est justement redoutée et justifie la prévention systématique par la
préparation préopératoire, la réalisation des champs opératoires stériles lors de l’intervention, la
prévention antibiotique per-opératoire par une injection intraveineuse couvrant la période
postopératoire.