PRINCIPE :
Le but de l’intervention est de remplacer les surfaces articulaires usées ou détruites par une prothèse n’intéressant que le côté usé interne ou externe. Contrairement à la prothèse totale de genou, la Prothèse Uni-Compartimentale (PUC) interne ou externe ne s’applique pas dans tous les cas :
- la douleur doit être bien localisée.
- la déformation ne doit pas excéder 5° .
- les ligaments latéraux et croisés doivent être fonctionnels.
- le surpoids est une contre-indication relative.
- une maladie inflammatoire type Polyarthrite Rhumatoïde est une contre-indication.

INTERVENTION :
L’intervention est réalisé sous anesthésie générale ou rachianesthésie. Sa durée est en général de moins d’une heure. Le plus souvent, elle s’effectue sous garrot pneumatique placé à la racine de la cuisse.
L’incision est interne ou externe selon le côté à traiter, elle mesure entre 6 et 12 cm. Grâce à
des instruments adaptés, les surfaces osseuses du tibia et du fémur seront préparées pour
recevoir la prothèse, celle-ci dans la majorité des cas est cimentée. Le glissement entre la
partie fémorale et tibiale se fera par l’intermédiaire d’une partie en polyéthylène (plastique
très résistant).


SUITES DE L’INTERVENTION :
Un drain est mis en place pour 24 heures afin d’éviter la constitution d’un hématome. Le lever et la mobilisation du genou s’effectuent dès le lendemain de l’intervention. La reprise de l’appui se fait en s’aidant de cannes anglaises et ce jusqu’à ce que la récupération musculaire soit suffisante. L’hospitalisation est comprise entre 24 et 48 heures, les fils ou les agrafes sont enlevés après 2 semaines.
COMPLICATIONS :
La phlébite : c’est la formation d’un caillot sanguin dans une veine de la jambe. Ce caillot peut migrer vers le cœur et les poumons réalisant ainsi une embolie pulmonaire, plus ou moins grave selon l’importance du caillot. Son traitement nécessite un traitement anticoagulant d’au moins 3 mois.
L’infection : l’os et le matériel implanté dans le genou se défendent mal contre l’infection. Le souci du chirurgien est donc de la prévenir par une préparation cutanée (douche la veille et le matin de l’intervention avec un savon antiseptique), les mesures d’asepsie prises pendant l’intervention, l’injection per-opératoire d’antibiotiques, l’élimination de foyers infectieux pré-opératoires (votre chirurgien peut vous demander de consulter votre dentiste ou ORL). L’infection se manifeste soit de façon marquée quelques jours après l’intervention (fièvre, rougeur, écoulement purulent), soit de façon plus insidieuse plusieurs mois après l’intervention. Prise en charge précocément, l’infection peut être enrayée par un lavage de la prothèse et une antibiothérapie adaptée. A un stade plus tardif, la prothèse doit être changée en un temps ou 2 temps, associée à une antibiothérapie de plusieurs mois donnant plus de 90% de guérison.
Complications nerveuses : l’atteinte d’un nerf est très rare dans ce type de prothèse.
Complications mécaniques :
– Le descellement : c’est un défaut de fixation de la prothèse sur l’os, à l’origine d’une
mobilité douloureuse au niveau de cette interface. Il arrive en général tardivement et
est dû à l’usure de la prothèse. Il peut impliquer le changement de cette prothèse
descellée.
– Fractures : autour du genou prothésé, elles peuvent nécessiter une opération pour fixer
la fracture ou changer la prothèse.
CONCLUSION :
La prothèse unicompartimentale du genou est très efficace sur le plan de la douleur. Dans la majorité des cas elle permet de conserver la mobilité qui existait en préopératoire. La durée de survie d’une prothèse unicompartimentale est de 80 à 90 % à 10 ans. Au-delà, l’extension de l’arthrose au reste du genou peut nécessiter la mise en place d’une prothèse totale.