Quel est le but de la réparation du ligament croisé antérieur ?
La chirurgie du ligament croisé antérieur s’appelle ligamentoplastie. L’opération consiste à reconstruire le ligament croisé par une greffe prélevée autour du genou, et mise en place sous arthroscopie exactement à la place du ligament rompu pour assurer sa fonction.
Le but est donc de redonner un genou stable permettant la reprise du sport ou de ses activités professionnelles, et d’éviter la survenue progressive d’arthrose liée à laxité du genou.
L’hospitalisation est ambulatoire ou d’une nuit. La durée d’une intervention est d’environ 1 heure.
En fonction de vos sollicitations sportives ou de votre profession, 2 types de greffes peuvent être utilisés :
- Le tendon rotulien : on utilise le tiers moyen du tendon rotulien (unissant la rotule au tibia), en prélevant une baguette rotulienne et une baguette tibiale. Ainsi, l’opérateur choisit exactement la largeur et la longueur de greffe dont il a besoin.


Il s’agit de l’intervention de Kenneth-Jones. C’est l’intervention la plus utilisée dans le monde, et qui a fait preuve de son efficacité. C’est la référence en matière de ligamentoplastie.
L’avantage de cette intervention est une fixation solide (os contre os) autorisant une rééducation précoce, l’utilisation pour la fixation de vis entièrement résorbables.
Les inconvénients sont une cicatrice médiane, un affaiblissement de l’appareil extenseur, des douleurs antérieures pouvant gêner la position accroupie pendant un an.
– Le tendon Demi Tendineux ( DT4) : on utilise pour reformer le ligament croisé, 1 tendon s’attachant sur le tibia, et remontant à la face interne de la cuisse. Ce tendon peut être prélevé par une petite incision, puis est préparé pour donner un nouveau ligament à 4 faisceaux.



Les avantages de cette technique sont une incision courte et une rééducation plus facile.
Les inconvénients sont une mauvaise fixation des tendons à l’os, la nécessité d’utiliser une agrafe tibiale non résorbable, un diamètre du transplant imposé par l’anatomie, une baisse de force de la flexion du genou.
Une fois le prélèvement de la greffe effectuée, nous réalisons sous arthroscopie 2 tunnels, ( 1 fémoral et 1 tibial) grâce à des viseurs spécifiques, permettant de fixer le futur ligament au même endroit qu’il se trouvait auparavant.

Puis nous fixons la greffe par des vis spécifiques, dites d’interférence, ou des plaquettes en titane.
Quelles sont les suites à la clinique ?
La sortie se fait en général le jour même e l’intervention. Il n’y a pas d’immobilisation nécessaire (sauf pour certains cas plus difficiles ou chez les très jeunes patients).
La rééducation débute dès le lendemain de l’opération, associant renforcement musculaire et mobilisation du genou.
Quelles sont les prescriptions de sortie ?
Pour la sortie, je vous prescrirai des antidouleurs, du matériel de pansement, des piqûres à faire pendant 15 jours pour éviter une phlébite, des soins infirmiers à domicile pour réfection des pansements avec ablation des fil à J14, et des séances de rééducation. L’arrêt de travail va de 15 jours à 3 mois.
Comment se passe le retour à domicile et la rééducation ?
Il est conseillé de marcher à l’aide de cannes anglaises pendant 15 jours, a adapté à votre cas selon les conseils de votre chirurgien.
La rééducation doit obéir à un protocole très précis, car une rééducation inadaptée peut compromettre le résultat. Elle est prescrite à raison de 2-3 séances par semaine pendant au moins 3 mois.
Après 2 mois, le vélo et la natation (crawl) sont autorisés. A 3-4 mois, la reprise du footing est autorisée. Les sports de ballons sont autorisés à partir de 6 mois, et la compétition à partir de 12 mois.
Quelles complications peuvent survenir ?
Infection :
C’est un risque inhérent à toute chirurgie, mais qui reste rare en arthroscopie où le genou est lavé par de l’eau tout au long de l’intervention. Elle se manifeste par un gonflement progressif du genou, associé à une douleur, une rougeur de l’articulation et de la fièvre. Il faut alors consulter son chirurgien en urgence qui procédera à une nouvelle arthroscopie pour laver l’articulation et
qui prescrira les antibiotiques adaptés après cette réintervention.
Circulatoire :
La phlébite est prévenue par un traitement anticoagulant débuté le soir de l’opération pour une durée d’un mois. Il consiste en une piqûre quotidienne réalisée par une infirmière à domicile avec un contrôle régulier des plaquettes par une prise de sang afin de dépister une allergie aux anticoagulants.
Sensitives :
Le prélèvement du tendon rotulien peut donner une baisse de la sensibilité autour de la cicatrice par section inévitable de petits rameaux nerveux. Le prélèvement du DIDT peut donner une anesthésie de la face interne du tibia par section d’une branche nerveuse sensitive.
Articulaires :
La raideur articulaire est combattue par une rééducation précoce et suivie associée à un traitement contre la douleur. En cas de limitation de la flexion ou de l’extension, une nouvelle arthroscopie pourra être envisagée pour libérer des adhérences ou supprimer un obstacle à l’extension.